Écrit par Mathieu Giroux
Après le succès de Barbarian sorti en 2022, Zach Cregger décide de réutiliser sa recette gagnante et de concocter un nouveau thriller horrifique séparé en différents points de vue. Choix judicieux de sa part, car le résultat, Weapons, est encore une fois une réussite remarquable.
Mystère à Maybrook
À 2 h 17 du matin, 17 enfants quittent leur maison pour se diriger vers une destination inconnue. Personne ne sait où ils sont partis ni pourquoi. Quel est le point commun de tous ses enfants ? Ils sont les élèves de la nouvelle professeure, Justine (Julia Garner). Seul un enfant est venu en classe le lendemain matin : Alex (Cary Christopher). Une situation inexplicable ne laissant que désarroi et colère dans le village de Maybrook.

Un suspense maîtrisé
Nous sommes faces à un casse-tête sculpté dans un bois aux racines macabres. Où sont cachés les morceaux ? À l’intérieur de chacune des parties du film prenant la forme d’un témoignage sans narrateur.
Rien d’autre n’est dévoilé au public. La caméra ne fait que suivre son personnage et ne capture que ce qu’il voit déjà. Nos regards ne font qu’un et aucune tricherie manigancée par le gars des vues n’est admise.
Des pistes, plusieurs nous en sont offertes, mais avec parcimonie. La quantité parfaite pour nous tenir en haleine jusqu’à la fin. Rien n’est filmé au hasard, tout est calculé au plan près avec une minutie impressionnante pour nous tenir la main jusqu’à un dénouement bien exécuté et surprenamment burlesque.
La précision est aussi dans le montage, aucune place à l’ennui. Seul le suspense est maître.

Toujours avec une touche d’horreur
L’horreur, quant à elle, est-elle aussi présente ? Oui, mais avec plus de subtilité. Le mystère prédomine la peur, mais quelques gouttes de sueur froide sont permises (pensons aux scènes de cauchemar très bien orchestrées).
Toutefois, l’essence de l’horreur se trouve dans l’imagerie du film, tellement farfelue et perturbante qu’elle marque les esprits.
Aucune créature fantastique n’est présente, seuls des corps humains transformés sont projetés à l’écran. Leurs mouvements, artificiels et grotesques ; leurs yeux, glaciaux et horripilants. Cette vision ne va laisser de marbre aucun spectateur, c’est assuré. Précisons aussi que les amateurs de sang et de tripes trouveront leur bonheur, mais avec parcimonie là aussi.
Impossible de ne pas mentionner la performance de la vétérante Amy Madigan dans son rôle d’antagoniste. Charismatique, amusante, mais surtout menaçante ; chaque minute avec elle est une minute de pur bonheur dans un film où le malheur est omniprésent. Le film sait s’amuser lorsque l’envie lui prend. En bref, la recette parfaite pour un divertissement macabre.

